AG-r_4Le mandat missionnaire de tous les chrétiens.

St. Thomas l’Apôtre: un des premiers modèle missionnaire. (XIVème dimanche T.O.)

       Dans l’Evangile d’aujourd’hui, nous avons l’histoire de l’envoi des soixante-douze disciples. Il est unique. Tous les évangiles mentionnent les douze disciples et les charges afférentes pour laquelle Jésus les envoie continuer sa mission. Cependant, c’est seulement Luc qui fait référence à l’envoi des soixante-douze disciples, et il doit y avoir une raison à cela. Jésus dit que la mission est abondante et qu’il n’y a pas assez d’ouvriers pour le travail nécessaire. En même temps, Luc veut nous dire que la mission de Jésus n’est pas seulement portée par des dits ‘experts’ (comme le sont les prêtres et les religieux) mais que l’évangélisation est la tâche de tous les croyants en Jésus. Cette conviction est bien en syntonie avec ce que nous a enseigné Vatican II. Lorsqu’ils parlent des laïcs, les pères du Concile, ont exprimé que c’est le droit et la charge de tout baptisé que de prêcher l’évangile.

L’accomplissement de cette mission est fait par chacun de diverses façons. Même durant le temps du Christ, et plus tard durant les temps apostoliques, nous avons rencontré tous types de personnes qui ont participé de façon différente à la mission du Christ. Il y a eu les personnes qui sont devenues disciples du Christ. Il y a eu les personnes qui ont porté le Christ aux malades afin qu’il les touche et les guérisse (Lc 5, 18). Il y a l’enfant qui a porté les cinq pains et les deux poissons (Jn 6, 9). Il y a les femmes qui veillaient sur Jésus et qui l’assistaient économiquement aussi (Lc 8, 2-3). Donc, malgré les rôles différents, tous partageaient ma mission de Jésus. Nous devons alors nous souvenir des lumières de Saint Paul : nous sommes des parts du même corps, avec diverses fonctions (1Cor. 12:12f.)

La raison de l’envoi des soixante-douze est mentionnée par Luc, le manque d’ouvriers (v. 2). Plus que jamais, nous expérimentons aujourd’hui cette réalité. Ce manque de prêtres en nombre suffisant et de missionnaires qui se préparent et sont ordonnés au ministère presbytéral. Aussi, ceux qui désirent exercer plus pleinement leur vocation chrétienne en se mettant au service du royaume doivent être encouragés. Nous sommes peut-être dans une période où nous portons plus d’attention à cette dimension, et nous devons davantage encourager les croyants chrétiens à participer à l’appel à proclamer l’évangile. Donner toute leur place aux laïcs est très utile de nos jours. Comme Vincentiens, nous sommes appelés à augmenter nos efforts de collaboration avec les diverses branches de la Famille Vincentienne –y compris avec les laïcs- afin que l’évangélisation soit concrètement faite.

Dans l’Evangile d’aujourd’hui, les instructions sur les compétences et la mission des disciples sont assez claires. Depuis que nous sommes missionnaires, jetons-y un œil. Ils sont envoyés comme des agneaux au milieu des loups (v. 3) : qu’est-ce que cela signifie ? cela réclame les vertus de gentillesse, de douceur, de tendresse et l’humilité si nécessaire pour un missionnaire. Le missionnaire n’arrive pas en conquérant, mais comme un humble serviteur. C’est l’attitude de serviteur qui est attendu du missionnaire. Cela s’harmonise très bien avec l’esprit de St Vincent.

     Un style de vie simple (v. 4): c’est une autre vertu missionnaire importante, elle rend apte à remettre sa confiance et sa sécurité dans le Seigneur seulement. St Vincent si nous l’observons sur cet aspect est dépendant de la Providence divine, par laquelle le missionnaire met toute sa confiance dans le Seigneur, se déposant totalement en Lui. C’est seulement lorsque ceci est mis en œuvre, que le missionnaire est entièrement libre de proclamer l’Evangile.

     Ils doivent être artisans de paix (vv.5-6): un missionnaire est un de ceux qui a reçu et fait l’expérience de la paix du Seigneur ressuscité et qui la transmets à tous ceux qu’il rencontre. Une expérience personnelle et le don de la paix du Seigneur doit se refléter sur le missionnaire par sa présence, ses paroles, ses actes. Il doit apporter la paix aux personnes qu’il rencontre. Une personne perturbée, un qui est en conflit intérieur, ne peut pas prêcher effectivement l’Evangile. St Vincent insistait sur le fait que nous ne pouvons pas donner ce que nous n’avons pas. C’est pour cela qu’il nous est rappelé que nous devons être des artisans de paix.

   La satisfaction est une autre vertu du disciple (v.7): être content de ce que nous avons et de ce qui nous est donné, y compris nourriture et logement, est une vertu essentielle pour être de demeurer missionnaire ave un esprit vif dans la vie communautaire. Ceux qui ne sont pas contents, mais cherchent des aises plus grandes les empêche d’être pleinement centrés sur leur mission, centrant davantage sur eux-mêmes que sur la proclamation de l’Evangile, ceci donnant un contre témoignage aux pauvres.

Les disciples sont invités à être préoccupés par les pauvres et à proclamer le Royaume (vv.8-9):

Un missionnaire doit être concerné par les pauvres et les personnes dans le besoin comme Jésus montrant Son option préférentielle pour les pauvres. La proclamation de l’Evangile signifie aussi travailler à la justice et à la paix. Le message de l’Evangile devient compréhensible par le pauvre par la Justice, la Paix et la Miséricorde qui sont des vertus du Royaume. Durant cette année jubilaire extraordinaire de la Miséricorde, nous sommes encouragés par le pape François à être apôtres de la Miséricorde, que St Vincent nous a aussi donné en héritage. Aussi la proclamation de l’évangile et le travail pour la justice et la miséricorde vont main dans la main.

     Même rejetés, nous devons continuer à proclamer (vv. 10-11): le rejet est le refus fait partie de la vie du missionnaire. Un disciple n’est pas plus grand que son maître. Cependant, le rejet et le refus ne doivent pas décourager, ni désarçonner le missionnaire, car sa récompense est Dieu seul. Comme St Paul, il doit se considérer lui-même comme privilégié de souffrir pour le Seigneur et pour continuer sa mission.

     Il ne faut pas être enthousiasmé par le succès, parce que l’unique chose importante est d’être membre du Royaume (vv17-20): l’enthousiasme excessif dans le succès et dans l’échec ne sied pas au missionnaire. Ce qui importe c’est l’œuvre du Seigneur. Le Seigneur donne des fruits lorsque le temps est venu.

Aujourd’hui, 3 juillet, nous célébrons la fête de St Thomas Apôtre, un des premiers missionnaires de l’Eglise envoyé par Jésus lui-même. Comme St Thomas est considéré comme l’Apôtre de l’Inde, sa fête est une solennité dans ma patrie. Il y en a beaucoup qui décrivent Thomas l’Apôtre comme une personne à la foi faible, en réponse à l’insistance du Seigneur Ressuscité. Un regard plus affiné sur les évènements nous fait comprendre que Thomas avait le désir ardent de faire l’expérience du Seigneur Ressuscité. “ma foi dans le Seigneur Ressuscité ne devrait pas être basée sur ce que disent les autres, mais sur ce que je peux en expérimenter personnellement ». Ce désir qu’il exprime à sa manière dans des mots tranchant, ‘je ne croirai pas avant d’avoir mis mes doigts dans les marques des clous’. Jésus l’a clairement compris ; c’est pourquoi il a écouté son obstination et est de nouveau apparu exhaussant son désir.

Thomas devait être un missionnaire qui allait partir jusqu’aux extrémités de la terre proclamer l’Evangile. I dois reconnaitre qu’ici je suis là pour proclamer l’Evangile à cause des efforts missionnaires de St Thomas en Inde. La première qualité du missionnaire devrait être sa rencontre personnelle avec le Seigneur Ressuscité. Il ne suffit pas pour un missionnaire de connaitre les livres, mais il doit l’avoir connu personnellement, rencontré dans l’intimité. C’est la leçon que St Thomas nous enseigne. Avons-nous le désir profond de rencontrer et de faire l’expérience du Seigneur ? Nous ne pouvons pas donner ce que nous n’avons pas. Nous ne pouvons pas enseigner ce que nous ne connaissons pas. Nous ne pouvons pas prêcher si nous ne sommes pas convaincus au plan personnel et intérieur.

Nous trouvons aussi le zèle apostolique du missionnaire chez St Thomas ; « Allons et mourrons avec lui » Thomas exprime sa prompte détermination à suivre Jésus jusqu’à la mort même ! Thomas mourra pour le Christ. C’est la résolution et la détermination missionnaire que nous devrions avoir. C’est une vertu que St Vincent recommande à la Congrégation de la Mission, c’est un appel aux confrères à être totalement dans l’amour et abandonnés sans compter. St Vincent disait ceci : « si la charité est le feu, le zèle en est la flamme. Si l’amour est le soleil, le zèle sont ses rayons ». Prions, mes chers confrères, que les membres de cette Assemblée Générale soient emplis de charité et de zèle pour embraser à toute la Compagnie.